Podcast / dailymotion / myspace / facebook / del.icio.us / twitter /
rss
Alerte !
Betapolitique n'a pas pour habitude de crier au loup sans raison… Vigilance et lucidité sont dans un bateau… Ce texte original se trouve ici :
http://www.betapolitique.fr/La-liberte-d-Internet-le-combat-de-19986.htm...
…et là :
Internet fut la plus vaste utopie concrète de notre jeunesse.
Et voilà ce rêve menacé par la coalition de vieux pouvoirs mortifères : l’argent, les médias, les majors, les polices, les armées, les bourgeois...
Internet fut la promesse d’un monde nouveau. Le plus formidable outil de communication forgé par l’humanité. Porteur de l’écrit comme de l’image, de l’intime comme du public, support de notre créativité et de notre enthousiasme.
En marge de leur pouvoir, en marge de leur pognon, en marge de leur culture officielle, à l’écart de leurs frileuses conventions, nous avions commencé à bâtir un monde nouveau. L’information, la création, la culture, la communication, les échanges étaient bouleversés. De nouvelles manières de produire, de créer, de travailler, de jouer, d’écrire, de dialoguer se cherchaient à tâtons. Les grandes divisions tombaient. Nous allions créer une humanité nouvelle, sans théoricien, sans leader, sans ennemi, juste par notre travail et notre enthousiasme.
C’en était trop pour le vieux monde. Ca ne pouvait pas durer…
On nous a d’abord sorti les terroristes et les pédophiles… Il fallait surveiller, il fallait une chaîne de responsabilité, il fallait sanctionner les hébergeurs… Il fallait filtrer, filter encore, comme en Chine. Il fallait, surtout, pouvoir tout ficher, mettre tout le monde sur écoute. Ce furent les lois de police. Nous n’avons rien dit, on s’en foutait d’être écoutés. Nous, on bâtissait un monde nouveau, joyeux, multicolore, fraternel.
Puis on nous expliqua qu’on allait détruire la culture. Tous les ados de France étaient des pirates. La musique s’effondrait. Pas parce qu’elle était nulle. Pas parce que les majors et les radios avaient trop tiré sur la corde d’un marketing à deux francs. Non, juste parce que nous étions des pirates. Et tous ces grands « libéraux » s’entendaient pour refuser de vendre aux clients ce qu’ils demandaient et pour les contraindre à acheter ce dont ils ne voulaient pas !
Mais ça ne suffisait pas. Les médias aussi étaient menacés. Pas parce qu’ils se complaisaient dans un élitisme prétentieux et creux, pas parce qu’ils se contentaient de mal payer de pauvres journalistes condamnés à paraphraser les dépêches AFP, pas parce que plus personne ne voulait regarder la soupe tiède de TF1. Pas parce qu’ils étaient devenus nuls et ennuyeux, prétentieux et connivents avec un pouvoir injuste. Non, les médias coulaient à cause d’Internet. Ils engagèrent alors une guerre sans pitié. Sur les 160 000 tentatives de suicides chaque année, le suicide préparé sur Internet occupait des colonnes entières dans les journaux.
Et comme les médias sont des pouvoirs, des amis du pouvoir, des clients de M. Lefebvre, et comme cette droite qui avait mis au pas les médias était pressée de faire taire les blogueurs de tous poils, nous eûmes droit aux délires de M. Lefebvre. Internet devint le refuge des terroristes, des violeurs, des mafieux et des pédophiles.
Rien que ça !
- Une remarque, en passant, M. Lefebvre : les villes aussi sont un refuge de violeurs, de terroristes et de pédophiles. Allez-vous raser les villes ? Allez-vous détruire Nice et Cannes pour chasser la mafia ? –
La coalition des « élites » culturelles en déshérence, des puissances économiques du secteur des médias, des journalistes inquiets et de la droite liberticide laisse craindre le pire…
Je peux vous le dire : l’offensive ne fait que commencer. Ils ont saccagé leur monde, ils détruisent la planète, ils ont cassé le journalisme, le travail, l’entreprise, ils salissent la politique, mais ils ne nous laisseront pas jouer dans le notre. Ils vont vouloir nous ramener à grands coups de bottes devant TF1, dans leurs usines à écouter leurs pop stars débiles.
Il va falloir que cette génération s’intéresse à la politique.
Il va falloir se prendre en mains.
Je vous le dis, dans les semaines et les mois qui viennent, il va falloir décider si nous sommes prêts à nous battre pour ce que nous avons construit, ou si nous laissons les amis de M. Lefebvre tout casser.
Les mois qui viennent vont être durs. Le chômage va exploser. La sarkozie va multiplier les diversions. On va trouver plein de bombinettes dans les toilettes du Printemps. Mais ils vo,nt aussi essayer de nous mettre au pas.
Ce sera la grande affaire de notre époque.
Celle qui décidera si nous changeons de siècle ou si nous rempilons pour trente ans.
Nous devrons être prêts.
Raphael Anglade

